Tous pour soutenir le plan Jaaxay, un plan de Patriote

Le plan Jaaxay, tous à l'unissons

Mot du Président wade

Chers compatriotes,

Face à ce phénomène récurrent, mais aujourd’hui d’une amplitude sans précédent, aggravé par des risques de catastrophe sanitaire considérables pouvant entraîner des épidémies, si des mesures urgentes n’étaient pas prises, nous devons cesser immédiatement les colmatages traditionnels.

Après deux décennies de tergiversations, le moment est venu de recourir à des moyens radicaux, principalement par l’évacuation des populations et leur hébergement dans des zones salubres, et surtout par l’élimination de ces bidonvilles et la construction à leur place de cités modernes.

C’est pourquoi, j’ai décidé de mettre en place un plan spécial que je vous propose d’appeler Ie « plan Jaxaay », Aigle, l’oiseau qui vole le plus haut. Ce concept de l’Aigle, qui symbolise la hauteur, suggère que les populations, désormais, s’installeront sur des sites élevés et non plus dans les bas-fond, réceptacles naturels des eaux de ruissellement.

Les populations exposées sur les voies d’eau et leurs réceptacles devront accepter leur déplacement vers des lieux aménagés où, bien entendu, les conditions au départ seront difficiles, mais je demande à toutes et à tous de faire preuve de courage, le temps d’apporter une solution définitive.

Le Gouvernement va immédiatement transférer sur les sites sinistrés le projet malaisien pour la construction immédiate d’une Cité moderne sur une plate-forme surélevée, avec un système d’évacuation des eaux de pluie et des eaux usées.

Dès l’achèvement des travaux, qui dureront quelques mois, les sinistrés seront réinstallés au fur et à mesure dans ces nouvelles habitations.

Au même moment, en attendant l’exécution du plan d’urgence du Gouvernement, je demande à tous mes compatriotes, dont je connais la générosité légendaire et le sens aigu de la solidarité, de contribuer à l’hébergement des sinistrés.

S’agissant du financement de ce plan de survie de priorité absolue, j’ai décidé de proposer à l’Assemblée nationale la mobilisation des ressources suivantes :

1. les trois quarts des budgets antérieurement prévus pour les fêtes de l’indépendance décentralisées en 2006, dont le montant total est de 60 milliards, soit 45 milliards.

2. le budget antérieurement prévu pour les élections législatives en 2006, soit 7 milliards.

Ainsi, pour l’opération « Jaxaay », nous pourrons disposer d’un budget mobilisable de 52 milliards.

Le succès de l’opération suppose que l’Assemblée nationale décide de repousser les élections législatives prévues en 2006, pour qu’elles se tiennent en 2007, en même temps que l’élection présidentielle. En effet, il n’est pas raisonnable, pour un pays pauvre, de consacrer en 2006 la somme de 7 milliards pour des élections et la même somme en 2007 pour d’autres élections, alors que les deux, séparées seulement de 8 mois, peuvent être tenues en même temps, comme cela se fait dans toute l’Afrique. Cela nous fait une économie de 7 milliards, que nous affecterons à l’opération de relogement des sinistrés.

En Droit, rien ne s’oppose à ce que les élections législatives soient repoussées, comme cela a été fait deux fois en France, en 1918 et en 1940, en raison des circonstances difficiles de l’après-guerre. En 2002, l’Assemblée nationale française a adopté la même mesure, repoussant la date des élections législatives. Au Sénégal, les motifs de report sont surabondants. Les députés continueraient à assurer leur mandat pour encore moins d’un an. Donc, il n’y a pas péril en la demeure, bien au contraire.

Je lance un appel à toutes les Sénégalaises et à tous les Sénégalais, d’abord aux représentants du peuple que sont les députés pour soutenir la proposition du Gouvernement, qui n’a d’autres motifs que de permettre à notre pays de faire face à un sinistre inattendu. En l’absence d’une solution radicale rapide, ce sinistre pourrait se transformer en catastrophe nationale par les épidémies et autres maladies qui pourraient faire des ravages. Les représentants du peuple ne peuvent pas ne pas être sensibles à la souffrance des masses éprouvées.

Mon appel s’adresse aussi aux chefs religieux, aux hommes politiques, à la Société civile, aux syndicats, aux jeunes et associations.

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